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Période amnésique

Résumé :

Quatre adolescents, liés par l’amitié, se retrouveront confronter a un problème. Une amnésie de la part de Yumiko. Vont-ils réussir a surmonter cette épreuve ? Vont-ils échouer ?

Madame Lucile Rolland

Professeur documentaliste. 

U n matin, nos quatre protagonistes devaient se rendre au lycée. Céleste, une adolescente aux cheveux blonds teintés de bleu, ouvrit les yeux avec une sensation d’eau coulant sur sa peau. Elle jeta un coup d’œil sur sa montre, se rendit compte qu’elle était en retard, et se dépêcha de se lever. Elle enfila ses vêtements, passa par la cuisine, saisit une pomme, croqua dedans tout en laçant ses chaussures, mit son sac sur le dos et courut jusqu’au lycée. Une fois arrivée dans l’établissement, elle rejoignit son amie Yumiko, une brune aux yeux marron. Elles parlèrent de ce qu’elles avaient fait la veille, jusqu’à la sonnerie annonçant le début des cours.
Devant la salle, les deux amies attendirent leur professeur et deux autres camarades : Helen et Kiu. L’enseignant arriva, et les fit entrer.  Les élèves s’installèrent et sortirent leurs affaires. Le professeur prit la parole :” Hello everybody ! Today, we are going to make a team work ! (Bonjour tout le monde ! Aujourd’hui, nous allons faire un travail de groupe !)”

Les élèves hochèrent la tête.

“You must do groups of two people, you have five minutes to create the groups (Vous devez faire des groupes de deux personnes, je vous donne cinq minutes pour constituer les groupes).”
Yumiko rejoignit Kiu, puisque son amie Céleste, avec qui elle souhaitait bien travailler, avait accepté l’offre de Helen. Le cours continua.

La sonnerie retentit et le prof dit :

 ” We shall start this tomorrow, OK ?” (on commencera ça demain, d’accord ?)
“OK,   goodbye”( d’accord, au revoir).

Après le départ du professeur, nos quatre protagonistes discutèrent de leur projet, réfléchirent à des idées nouvelles, même s’ils n’étaient pas dans le même groupe. Soudain, Helen jeta un coup d’œil à sa montre et s’exclama : « Hé, le repas va être froid, l’assistante d’éducation nous demandera pourquoi nous sommes en retard. » À ces mots, Kiu saisit à la hâte son sac, et aussitôt, fonça droit vers le couloir. Les autres la suivirent dans un éclat de rire. Elles arrivèrent à prendre leurs plats sans se faire gronder.

Un garçon, le plus maladroit du lycée, renversa son plateau, et le pudding tomba sur Yumiko. La pauvre adolescente, très soigneuse, crispa les doigts mais ne lui reprocha rien. Tous les élèves se moquèrent d’elle. Elle se leva d’un geste machinal, et courut vers les vestiaires comme une furie. Céleste la suivit. Yumiko, couverte de honte, sanglotait et se plaignait qu’elle n’avait même pas de vêtement de rechange. Céleste se dirigea vers son casier, sortit un tee-shirt, et le lui tendit : « Tiens, mets celui-là, maman vient de me l’offrir pour mon anniversaire, il est encore tout neuf, je n’ai même pas eu le temps d’enlever l’étiquette.»  Yumiko sécha ses larmes avec le revers de sa main gauche, prit le tee-shirt, l’essaya tout d’abord sur elle pour voir s’il lui irait, et timidement, elle chuchota : « C’est bon ». Elle se changea et sortit des vestiaires.

Le lendemain, dès que Yumiko entra en cours, la moquerie reprit de plus belle.  Céleste, agacée par le comportement déraisonnable de ses camarades, réunit Kiu , Helen et Yumiko dans un endroit isolé, et expliqua à Yumiko que c’étaient des gens dénués d’intelligence, et qu’il ne fallait en aucun cas leur prêter attention. Lucas et Dorian, deux harceleurs, arrivèrent, un sourire malin aux lèvres, et voulurent continuer à se moquer. Céleste les arrêta net : 
      – Désolée… ça m’énerve vraiment ce que vous faites avec Yumiko…Vous vous moquez de tout et de n’importe quoi. Au lieu de rire des imperfections des autres, autant chercher les siennes et les corriger.

      – Nooooon, on rigolait seulement !

    – Eh bien, cherchez une personne de votre groupe, et rigolez avec. Yumiko ne veut pas s’amuser avec vous, donc, vous respectez son choix, sinon, ça sera du harcèlement.

      – Moi, je n’ai pas d’imperfection… moiiii…, reprit Lucas.

      – Mais voyons, regarde-toi dans un miroir, tu en trouveras plus de deux…

     – Ça y y y eeest, on s’en va ! On voulait juste rigoler.

Les deux garçons rebroussèrent chemin, Yumiko remercia tout le monde d’avoir pris sa défense, et ils se dirigèrent tous ensemble vers la classe. En cours, les paroles de Céleste furent  vaines, car le petit groupe des insensés s’amusa à écrire des insultes sur des papiers et les lancer à Yumiko. Cette dernière les ouvrait et lisait la quasi-totalité des grossièretés. Céleste tourna la tête, fit un signe et chuchota : « Ne les ouvre pas ! Jette-les ! » Désemparée, la pauvre saisit son cartable, et prit la fuite. Après quelques secondes, Helen partit à sa recherche. Yumiko courut aussi vite qu’elle put, mais elle ne fit pas attention à la route et se fit percuter par une voiture, sous le regard terrifié de Helen. Le SAMU arriva, Helen ne pouvait abandonner son amie, elle sauta dans l’ambulance et prit place, le sang figé dans les veines.

Monsieur et madame Ôma, les parents de Yumiko, arrivèrent quelques minutes plus tard à l’hôpital.  Helen, étant déjà sur place, alla les voir, et leur expliqua ce qui s’était passé.

Plus tard, quand Yumiko fut sortie de la salle d’opération, les parents se hâtèrent, et suivirent le brancard ; sa maman se pencha vers elle et murmura : « Tout ira bien, ma puce, tu verras ! » Une fois dans sa chambre, son papa lui prit la main, la regarda dans les yeux, et lui dit :« Alors, petite panthère, tu rebondis sur tes pieds, comme d’habitude ! » « Qu’est-ce que je fais là ? » Il y eut un moment de silence ; les parents, surpris d’entendre une telle réponse, échangèrent des regards, Helen s’approcha du lit, regarda son amie. « Qui es-tu ? ». Helen fondit en larmes, et sortit aussitôt de la chambre. L’infirmière, qui se trouvait à côté, lui dit : « Tu as eu un accident, et tu t’en es sortie indemne, tellement tu es résistante, et… »  Yumiko lui coupa la parole :

   – Et je fais comment pour aller au collège ?

   – Ma puce, tu es au lycée maintenant, dit monsieur Ôma.

   – Je n’ai pas 14 ans ?

   – Tu n’as pas 14, tu as 16 ans, corrigea sa maman.

   – Mais… Où sont mes ami(e)s ? Manon, Tyson et Tiffen ?

   – Ils ne sont pas dans le même lycée que toi, dit sa maman.

   – Mais, je les vois encore, non ?!

   – Oui, bien sûr. Si tu veux, je peux les appeler, pour qu’ils viennent te voir !

   – Je veux bien, dit-elle en fermant les yeux.

Le père sortit son téléphone de sa poche. Une heure plus tard, Tiffen arriva dans la chambre de Yumiko, le teint blême, les mains tremblantes, et demanda :

   – Qu’est-ce qui est arrivé ? J’ai eu une peur bleue, quand ton papa m’a annoncé…

 Avant qu’elle n’eût terminé sa phrase, Manon et Tyson entrèrent à leur tour.

   – Qui t’a fait ceci ? L’imbécile, il ne pouvait pas faire attention aux piétons ? questionna Manon.

Tyson prit Yumiko dans les bras, en même temps que Tiffen, et il y eut un moment de silence et de tendresse. 


  Le docteur Rolland fit irruption dans la chambre. Un fin sourire se dessina sur ses lèvres, et il les félicita : « Quelle amitié ! Vous savez, ce sont les bons et les vrais ami(e)s qu’on trouve dans les moments difficiles » « Et les moments « faciles » ! » dit Tiffen en se libérant des bras de Yumiko. « Je vais avoir besoin de votre aide pour savoir jusqu’à quand Yumiko a oublié ses souvenirs», dit le docteur. Les ami(e)s  dirent en chœur : « Pour aider, nous sommes toujours présents. » « Vous allez alors lui parler de vos souvenirs avec elle : des moments que vous avez vécus au collège, des fêtes d’anniversaire, des sorties scolaires, etc. »

Tyson commença. Il lui rappela le jour où ils avaient fait une promenade à bicyclette, et brutalement, ils s’étaient trouvés poursuivis par un gros chien errant, qui cherchait à leur mordre les pieds. Elle ne s’en souvint pas. Puis, il évoqua le jour où elle avait pleuré à chaudes larmes, en se levant et découvrant que sa jupe était froissée d’un côté ; elle ne se rappelait pas de ce moment. Plusieurs évocations s’enchaînèrent, en vain, elle n’avait aucun souvenir.  Le tour de Tyffen arriva. Elle lui raconta le jour où le fils du boulanger lui avait offert un poisson qu’il avait pêché dans le lac, alors qu’elle n’aimait pas. « C’est vrai, je ne mange pas de poisson ? C’est vrai, maman ? Mais pourquoi ? »  demanda-t-elle en tournant la tête vers sa maman. Manon prit la parole, et lui rappela la première fois qu’elles avaient été autorisées à faire du shopping seules, sans être accompagnées, alors elle fit une moue : « Mais ceci remonte à quand ? Ah…», un léger souvenir…

Au même moment, Céleste entra d’un pas décidé, tenant par les bras deux des garçons qui la harcelaient, s’arrêta net  à côté du lit, et dit : « Allez-y, je vous écoute ! »

Lucas et Dorian, surpris par les conséquences de leur comportement insensé, dirent : « On ne te harcelait pas, on voulait juste rigoler ! »

« Qui me harcelait ? Qui êtes-vous ? » dit-elle en fixant les deux garçons.

Lucas, les yeux humides de larmes, balbutia : « Mais qu’est-ce qu’on a fait ? »

Le médecin intervint :

« Votre amie va recouvrer sa mémoire, il faut lui donner le temps, mais il faut surtout que vous soyez présents, jusqu’à ce qu’elle ait traversé ce moment difficile. » Dorian dit : « Je peux t’apporter tous les cours si tu veux, t’aider à faire tes devoirs, si tu ne peux pas retourner au lycée. »

« De quel lycée parles-tu ? Attends tout d’abord qu’on ait le brevet des collèges ! »

Tout était donc à reconstruire, mais rien n’était impossible, car leur amitié était très forte et sincère. Yumiko allait pouvoir faire confiance à ses amies pour découvrir ce passé qu’elle avait oublié. Elle pourrait aussi compter sur ses harceleurs repentis qui, malheureusement, ne s’étaient rendu compte de la gravité de leur geste que trop tard.

  • Auteurs : Élèves du collège (plusieurs niveaux)
  • Travail dirigé par : Mme Lucile Rolland (professeur documentaliste)
  • Genre : Récit
  • Pays : France (Îles-de-France)
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